Ouarzazate
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Ahwach Ouarzazate 2026 Écouter

Ahwach à Ouarzazate

ⵡⴰⵔⵣⴰⵣⴰⵜ

Une ville de kasbahs où l’Ahwach a sa plus ancienne image, ses troupes de village, ses voix, et depuis vingt ans son festival.

La plus ancienne image

La plus ancienne photographie connue de l’Ahwach est ouarzazie : « Ahouach (danseurs et musiciens berbères) de Ouarzazate », de Marcelin Flandrin, vers 1920. La Maison de la Photographie de Marrakech, qui la conserve, l’a choisie comme photo du mois en juillet 2021 ; sa légende décrit des percussions ponctuées par un grand tambour et un chant en appel et réponse, les deux traits que l’on reconnaît encore aujourd’hui.

Source Maison de la Photographie de Marrakech

Les Glaoua et la Kasbah Taourirt

Les Glaoua, dont le siège était à Télouet et dont la famille vécut à la Kasbah Taourirt jusqu’en 1956, avaient la réputation de maîtres de l’Ahwach ; en 1971, Jean Mazel distinguait l’Ahwach que l’on pouvait admirer à la Kasbah de Taourirt. Des responsables glaoua organisaient des Ahwach de mariages et de fêtes.

Cette réputation est solide ; l’idée que l’Ahwach serait une création glaoua ne l’est pas. La presse locale rappelle que Télouet avait son propre patrimoine culturel avant les Glaoui, et l’origine de l’Ahwach reste indatable. Aujourd’hui, la Kasbah Taourirt est la scène principale du Festival National des Arts d’Ahwach.

Sources Encyclopédie berbère, « Danse » Hespress Wikipédia, « Kasbah Taourirt »

Les troupes de la province

Selon un récit local publié en 2013, la pratique ouarzazie s’est cristallisée dans les années 1960 autour d’une troupe unique, « Taourirt », d’environ cent vingt membres, suivie des troupes de Tifoultoute, Tamassint, Télouet et Sidi Daoud ; le Glaoui aurait doté chaque fief de sa troupe. Ces noms sont ceux que l’on retrouve parmi les troupes de la province au premier festival de 2005.

Le même récit décrit la manière de Ouarzazate : la tknza et le demdom pour la percussion, le mouvement des hommes dans les pieds et celui des femmes dans les mains. La presse arabophone qualifie volontiers la manière de Taourirt et de Télouet de « pesée et mesurée » ; c’est une appréciation, non une description technique.

Sources Ouarzazate Online Aujourd'hui le Maroc

Une voix : Safia Telouet

À Télouet et à Ouarzazate, les femmes portaient la ligne vocale pendant que les hommes frappaient. La chanteuse Safia Telouet (1946-2017) a commencé ainsi, à treize ans, en 1959, dans les Ahwach de mariages organisés par des responsables glaoua, avant d’enregistrer pour la radio nationale ; un succès de 1965 l’a fait connaître au-delà de la vallée. Son parcours montre comment des voix nées de l’Ahwach du village sont entrées dans la musique enregistrée.

Source Hespress

Le festival dans l’histoire

Bien avant le format national, Ouarzazate avait son Festival d’Ahwach, porté par le Conseil provincial du tourisme ; trois éditions en sont documentées. Le Ministère de la Culture a ensuite repris la manifestation sous l’appellation nationale. Certains articles font remonter le festival à 2003 ; aucune édition de cette année n’a pu être documentée, et la numérotation officielle commence en 2012.

Les dates, programmes, troupes et archives de chaque édition sont tenus sur le site officiel du festival, auquel renvoient les liens ci-dessous.

  1. septembre 2005 Première édition du Festival d’Ahwach de Ouarzazate, organisée par le Conseil provincial du tourisme : dix-huit troupes et un défilé jusqu’à la place Taourirt.
  2. septembre 2006 Deuxième édition : un « village d’Ahwach », la place de la Kasbah Taourirt comme scène principale, une conférence sur les arts populaires d’Ahwach.
  3. avril 2008 Troisième édition devant la Kasbah Taourirt, sur le thème « Ahwach, une dynamique au service du développement ».
  4. octobre 2012 Première édition sous l’appellation nationale, organisée par la Direction régionale de la Culture de Souss-Massa-Drâa.
  5. octobre 2026 Quatorzième édition, du 22 au 24 octobre 2026, à la Kasbah Taourirt, sur la place Al Mouahidine et dans la zone touristique.

Sources Aujourd'hui le Maroc Aujourd'hui le Maroc Aujourd'hui le Maroc Hespress Ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication

Transmettre aujourd’hui

On apprend l’Ahwach en regardant, en écoutant et en imitant, lors des rassemblements du village. Des praticiens interrogés en 2016 s’inquiétaient de sa « folklorisation » : un poète affirmait que l’art comptait autrefois bien plus de variantes rythmiques que les six ou sept encore jouées, que la structure en début, milieu et fin s’érodait, et que les festivals privilégiaient le costume, la vitesse et le spectacle. Ce sont des témoignages, non des mesures, mais ils disent un risque réel.

Les associations locales portent désormais une grande part de la transmission. En 2017, la Direction régionale de la Culture de Drâa-Tafilalet a engagé avec l’Université Ibn Zohr un archivage audio et vidéo, et un chercheur appelait à des programmes scolaires et des ateliers. Le festival de Ouarzazate accueille des troupes de jeunes et d’enfants, des ateliers et des rencontres scientifiques.

Sources Géoparc du Jbel Bani, reprise d’Albayane, « Ahwach, un art authentique qui s’est folklorisé » L'Economiste Géoparc du Jbel Bani Hespress